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 CINEMA :Les blessures narcissiques d'une vie par procuration
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CINEMA :Les blessures narcissiques d'une vie par procuration

VIP-Blog de tellurikwaves
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  • Créé le : 10/09/2011 19:04
    Modifié : 09/08/2023 17:55

    Garçon (73 ans)
    Origine : 75 Paris
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    ©-DR- CLéO DE 5 à 7 d'Agnès Varda (1962) p10

    21/11/2013 04:11

    ©-DR- CLéO DE 5 à 7 d'Agnès Varda (1962) p10


    DVD Classik:Analyse et critique(2)

    La contrainte semble être le maître mot de Cléo de 5 à 7, non seulement parce qu’il s’agit du premier long métrage de la cinéaste réalisé sous la houlette de producteurs, mais surtout parce que le scénario du film se déroule en temps réel, de 17h00 à 18h30. En reconstituant chaque seconde de l’attente de Cléo, Agnès Varda révèle une fois de plus son talent à valoriser les temps faibles. Bien loin de la frénésie et de l’éclatement narratif d’une série télévisée comme 24h chrono, Cléo de 5 à 7 se rapprocherait davantage de la structure du Train sifflera trois fois. Mais dans le film d’Agnès Varda, le dénouement, c’est-à-dire le résultat des tests médicaux de Cléo, importe moins que la trajectoire de la jeune femme pendant ces quatre-vingt-dix minutes qu’elle vit en passant par tous les états, des rires aux larmes, de la frivolité à la conscience aigüe que la mort se tapit dans l’ombre du hors champ.
    *
    Dès le prologue chez la cartomancienne, Agnès Varda expose, comme l’oracle d’une tragédie grecque, toute la matière fictionnelle de son récit jusqu’au sort funeste qui guette l’héroïne. Une fois de plus chez la réalisatrice, la structure du film est d’essence littéraire ; divisée en treize chapitres soigneusement minutés, cette déambulation dans Paris n’est pas non plus sans évoquer les descriptions impressionnistes de Rilke dans Les Carnets de Malte Laurids Brigge.





    ©-DR- CLéO DE 5 à 7 d'Agnès Varda (1962) p11

    21/11/2013 04:24

    ©-DR- CLéO DE 5 à 7 d'Agnès Varda (1962) p11


    DVD Classik:Analyse et critique(3)

    Avec Cléo de 5 à 7, Agnès Varda célèbre la beauté des corps féminins, filmés dans un idéal de perfection artistique. Dorothée Blank, déjà lumineuse dans L’Opéra-Mouffe,pose nue pour des sculpteurs dans un atelier. Ce geste de l’artiste au travail est une belle métaphore de la pratique cinématographique d’Agnès Varda qui considère Corinne Marchand comme un modèle « transformable à souhait. » (1) Dans un entretien pour Positif du mois de mars 1962 (n°44, p.7), Agnès Varda explique que la nudité, thématique centrale de ses films, est « un point de rencontre entre un univers qui est beau formellement et un univers beau moralement. »

    Il y a toujours une qualité abstraite, et rarement érotique, dans les corps nus filmés par la cinéaste, car elle recherche dans la nudité la possibilité picturale d’exprimer l’idée de beau. La représentation de la femme obéit ainsi à des canons esthétiques anciens. Agnès Varda a tourné Cléo de 5 à 7 avec les peintures et les gravures d’Hans Baldung Grien à l’esprit. La chair blonde de ces jeunes femmes, enlacées par de sinistres squelettes, rappelle inévitablement celle de la superbe et sculpturale Corinne Marchand.






    ©-DR- CLéO DE 5 à 7 d'Agnès Varda (1962) p12

    21/11/2013 04:40

    ©-DR- CLéO DE 5 à 7 d'Agnès Varda (1962) p12


    DVD Classik:Analyse et critique(4)

    « Idole, elle doit se dorer pour être adorée » ,comme l’écrit Baudelaire. Cléo se flatte d’être regardée et adore contempler les miroitements trompeurs de son superbe visage. Pour oublier sa maladie, elle aspire aussi à se réfugier dans le plaisir superficiel des robes et des chapeaux. Vedette montante du yé-yé, Cléo est comme ces belles blondes des films américains.  Le choix de Corinne Marchand est loin d’être un hasard. Agnès Varda connaissait parfaitement la carrière de la jeune actrice : « Bernard Toublanc-Michel l’avait repérée au Théâtre Mogador où elle jouait une Américaine en bermudas auprès de Georges Guétary. Il la suggéra à Jacques [Demy] pour l’une des danseuses de la Cigale dans Lola. Elle y a fière allure avec ses bas résilles et son chapeau claque. » 

    Dans le film de Demy, Corinne Marchand joue cette danseuse qui répète avec sensualité sous les yeux émerveillés des marins américains. Quelques instants plus tard, elle est rejointe par la brune Lola, au bon souvenir du duo formé par Jane Russell et Marylin Monroe dans Les Hommes préfèrent les blondes. De même, les chansons de Michel Legrand impriment dans Cléo de 5 à 7 un rythme de comédie musicale avec pour décor la représentation réaliste de Paris, loin des clichés en carton pâte des musicals.






    ©-DR- CLéO DE 5 à 7 d'Agnès Varda (1962) p13

    21/11/2013 04:45

    ©-DR- CLéO DE 5 à 7 d'Agnès Varda (1962) p13


    DVD Classik:Analyse et critique(5)

    Les paroles des chansons, écrites par Agnès Varda, ajoutent du sens et une profondeur au film. Au fond, qui est Cléo, cette « Belle Putain », qui expose son corps insolent comme un objet de plaisir, ou la royale Cléopâtre, que ses amants et ses musiciens viennent divertir ? Et que dire de la chanson poignante et déchirante Sans toi, interprétée par Cléo dont un moment de grâce et d’abstraction en noir et blanc inoubliable ? En plus de faire partie des plus belles scènes du cinéma français, ce cri d’amour constitue l’apogée du film et en illustre avec force le thème central : la beauté et la mort.

    Le texte fait écho à certains poèmes de Ronsard qui avertissent les jeunes femmes du caractère éphémère de leur jeunesse. Tout au long du film, les symboles de la vanité - les horloges à foison, les miroirs incalculables, les instruments de musique, les cartes à jouer - se glissent derrière le vernis documentaire et photographique des images. Ce symbolisme déguisé peut aussi prendre un tour plus explicite lorsque les enseignes des magasins Rivoli Deuil ou Bonne santé sautent au visage de Cléo comme autant d’avertissements lugubres.






    ©-DR- CLéO DE 5 à 7 d'Agnès Varda (1962) p14

    21/11/2013 04:50

    ©-DR- CLéO DE 5 à 7 d'Agnès Varda (1962) p14


    DVD Classik:Analyse et critique(6)

    La chanson Sans toi marque surtout un tournant dans le trajet parisien de l’héroïne : Cléo finit par arracher ses atours d’idole capricieuse pour se prendre en main et observer le monde qui l’entoure. La balade parisienne se transforme en flânerie baudelairienne ; la caméra ne retranscrit plus le narcissisme ébouriffant de la jeune femme mais exprime ses impressions et brosse les portraits fugaces des passants anonymes. Elle croise aussi des bateleurs qui se transpercent le biceps ou avalent à pleine bouche quantité de grenouilles.

    Ces visages grimaçants, à la manière des personnages peints par Bosch, accentuent l’angoisse douloureuse de la chanteuse. Chez Agnès Varda, le paysage fait toujours sens comme dans les tableaux de la Renaissance. Elle refuse de filmer des espaces quelconques : Cléo se promène au milieu de symboles et de signes, qu’il convient de décrypter pour saisir toute la richesse sémantique de l’œuvre.






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