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© DR -STUDIO 54 de Mark Christopher (1999) p24
24/04/2013 16:04
Refuser Frank Sinatra pour laisser passer un inconnu diablement sexy
A la porte du Studio 54, Rubell donne le ton. Son unique critère est la beauté. Il est capable d’empêcher Frank Sinatra et Warren Beatty d’entrer pour laisser passer des jeunes gens inconnus qu’il juge diablement plus sexy. Il est aussi capable, pour faire le buzz autour de son club, de le laisser tourner à vide pendant quelques heures pour créer devant la porte une effervescence dont tout le monde parlera le lendemain – surtout ceux qui ne sont pas parvenus à entrer.
Véritable perfectionniste, Rubell s’est aussi adjoint les services d’une jeune publiciste très en vue à New York, Carmen D’Alessio, qui connaît tout le monde en ville et sait qui est cool et qui ne l’est pas. C’est D’Alessio qui convaincra Andy Warhol et son entourage de se rendre au Studio,c’est elle qui y fera venir Calvin Klein et Fiorucci mais aussi ces hordes de mannequins qu’on voit apparaître dans les pages des magazines, Vogue en tête, et qui vont cramer la piste de danse.
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© DR -STUDIO 54 de Mark Christopher (1999) p25
24/04/2013 16:10
L’endroit est immense. Le décor assez classique, qui fut celui d’une salle d’opéra, contraste avec le déluge d’effets stroboscopiques que Rubell a mis en place. Au bar, les serveurs sont torse poil. Les danseurs s’épuisent sous la boule à facettes pendant que les pelles se roulent sur les banquettes installées tout autour.Le Quaalude,la coke et le MDMA se trouvent en deux minutes,parfois même au bar.
Des filles dansent seins nus,on fait l’amour aux toilettes ou au balcon, que certains décrivent comme un véritable lupanar. Le sida n’existe pas encore, le sexe se pratique sans limite au Studio 54. Certains soirs, Rubell envoie sur la piste de danse des éphèbes habillés en légionnaires romains ou de très jeunes gens qu’il a déguisés en chérubins.
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© DR -STUDIO 54 de Mark Christopher (1999) p26
24/04/2013 16:14
Bianca Jagger sur un cheval blanc
Les stars trouvent leur place dans ce dispositif dingue, au milieu des clients de la boîte. La liste des people qui ont foulé le sol du Studio 54 est certainement la plus impressionnante qui existera jamais. Pour les recevoir, Rubell a également créé une salle au sous-sol où ils peuvent se retrouver à l’écart de la foule.En mai 1977,quelques mois après l’ouverture,Rubell et Schrager réalisent un joli coup médiatique.
Pour l’anniversaire de Bianca Jagger, la femme de Mick, qui traîne régulièrement au Studio en compagnie des autres Rolling Stones, ils louent un cheval blanc que la sublime Bianca chevauche au milieu de la piste.La photo fait le tour des médias et rend le club incontournable .
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© DR -STUDIO 54 de Mark Christopher (1999) p27
24/04/2013 16:20
Les clients et les vedettes s’y massent mais Rubell continue à faire de ses soirées un mélange de personnes connues et inconnues. Il est fidèle à sa devise : “Un public, c’est comme une salade : il y a plusieurs ingrédients, il faut juste savoir les mélanger.”
Parmi les habitués, on croise Michael Jackson, John Belushi et toute la bande du Saturday Night Live, Elton John, Gloria Gaynor, Patti Smith et Debbie Harry qui ont déserté le CBGB, Margaux Hemingway, Cher, Liza Minnelli, Rudolf Noureev, Diana Ross, William Burroughs, Grace Jones ou encore Truman Capote, à qui Steve Rubell n’hésitera pas, avec beaucoup d’humour, à dédier une soirée à l’occasion de son dernier lifting.
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© DR -STUDIO 54 de Mark Christopher (1999) p28
24/04/2013 16:24
Rubell prend souvent place derrière la console pour interrompre le DJ et s’adonner à des discours hilarants dignes d’un stand-upper. Il est le maître du Studio 54, il règne sur son personnel dont il fait et défait les réputations. Quand certains de ses employés commencent à apparaître dans les journaux, Rubell les met au placard.
C’est ce personnage de despote hédoniste que le réalisateur Mark Christopher met en scène dans le film Studio 54, sorti en 1999. L’acteur canadien Mike Myers (Wayne’s World, Austin Powers) y interprète un Rubell séduisant, tyrannique et défoncé.
Le film est mineur mais retranscrit plutôt bien l’ambiance du Studio et la philosophie de Rubell, qui devient, au fur et à mesure du succès grandissant de son établissement, un personnage ultramédiatisé.
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