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© DR - 5150 RUE DES ORMES d'Eric Tessier (2010) p10
23/09/2013 03:49
La critique de DEVIDEAD (2)
De prime abord, le film d’Eric Tessier n’a rien de bien attirant et semble vouloir s’orienter vers des métrages type SAW. Néanmoins, cela s’avère une mauvaise piste. Séquestré, le héros est obligé de se plier aux règles,et donc au jeu,de son geôlier.Le début du film aurait même de quoi inquiéter avec l’utilisation d’une caméra subjective au sein de la narration.Cet aspect sera toutefois particulièrement bien intégré dans l’intrigue et ne se limitera pas, loin de là, à un gadget cinématographique.Enfin,l’intrusion de parties d’échec au cœur de l’histoire ne va pas du tout alourdir le déroulement du film bien au contraire,5150 RUE DES ORMES se montre assez vite particulièrement passionnant.
Bien sûr, l’histoire d’un prisonnier jouant aux échecs au-delà de la normale n’est pas sans rappeler Le Joueur d’Echec de Stefan Zweig, livre adapté sous le même titre au cinéma au début des années 60. Toutefois, 5150 RUE DES ORMES s’affranchit de cette filiation en développant de manière assez différente son intrigue. Evidemment, Eric Tessier et Patrick Senécal ne se focalisent pas vraiment sur les véritables rouages du jeu et n’en conservent que certains concepts.
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Juste assez pour faire utiliser ce jeu aux règles strictes et rigoureusement définies dans la vision particulièrement manichéenne d’un père de famille autoritaire. Champion d’échec, l’homme se croit supérieur en maîtrisant le jeu et se croit donc investi du pouvoir d’appliquer une justice radicale. L’idée est d’ailleurs à rapprocher du EMPRISE de Bill Paxton, l’aspect religieux étant remplacé ici par une stricte moralité qui se voit sanctionnée par une mise à mort aussi froide que brutale.
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© DR - 5150 RUE DES ORMES d'Eric Tessier (2010) p11.
23/09/2013 03:56
La critique de DEVIDEAD (3)
Toutefois, dans 5150 RUE DES ORMES, la famille, présidée par un bourreau, se montre sous un jour particulièrement normal. La mise en scène n’en fait d’ailleurs pas des tonnes pour nous dépeindre des voisins au-dessus de tous soupçons et non pas de monstrueux tueurs. Ce décalage fonctionne ainsi à merveille en installant assez souvent un humour noir surprenant. Le déroulement du film nous permet de descendre en douceur dans la froide et horrible réalité d’une famille qui s’est gentiment égarée sous la domination d’un patriarche obsédé par les échecs.
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La prestation de Normand D’Amour est, à ce titre, particulièrement savoureuse. Pour lui donner la réplique, la distribution s’avère des plus solides et l’on notera évidemment la présence de Marc-André Grondin, jeune comédien qui n’a clairement ici pas volé son César de Meilleur Espoir Masculin en 2009 décerné pour LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE. Puisque l’on parle de récompense, il apparaît inévitable de ne pas préciser que les spectateurs de l’édition 2010 du Festival du Film Fantastique de Gérardmer a plébiscité 5150 RUE DES ORMES et lui a attribué le Prix du Public.
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© DR - 5150 RUE DES ORMES d'Eric Tessier (2010) p12
23/09/2013 04:10
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© DR - 5150 RUE DES ORMES d'Eric Tessier (2010) p13
23/09/2013 04:14
La critique de DEVIDEAD (fin)
Pourtant, si les prémices de 5150 RUE DES ORMES semblent lorgner vers un thriller psychologique, le film d’Eric Tessier sombre petit à petit vers l’horreur. Au fur et à mesure que l’intrigue se déroule, l’aspect abominable de la situation ainsi que l’étrangeté de la famille se fait de plus en plus tangible.L’occasion de suivre,comme son héros,une descente dans la folie d’un joueur d’échec qui camoufle un projet totalement délirant et qui ne sera dévoilé qu’en fin de métrage.
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Une dernière révélation qui place complètement 5150 RUE DES ORMES dans le domaine du cinéma horrifique. Sobre jusque là dans ses débordements d’images violentes, le film se lâche dans un épilogue grand guignol, véritable apothéose de cette étrange et horrible affrontement à base de jeu d’échecs. Dans un registre où la facilité généralement l’emporte sur le reste, le film suit un crescendo dans l’horreur tout en servant une intrigue adulte et réfléchie. Autant dire que cela fait de 5150 RUE DES ORMES un solide métrage d’horreur psychologique, aussi malin qu’ingénieux !
Christophe "Arioch" Lemonnier
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© DR - 5150 RUE DES ORMES d'Eric Tessier (2010) p14
23/09/2013 04:20
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