La presse française
Le Canard Enchaîné
« Long, beau et puissant chant d’amour à la nature et à ceux qu’elle protège, terre nourricière bienfaisante et respecte. Cri contre ceux qui la défigurent (...). Il y a des scènes très fortes, des plans très beaux, une photographie superbe signée par le Français Philippe Rousselot, une musique impeccable ».
Patrice Vautier, 26/06/1985
La Croix
« Avec ce film, Boorman, lui-même, parvient à l’accomplissement du rêve qu’il faisait d’explorer un jour les mythes et les mystères de l’Amazonie et des dernières tribus qui subsistent dans les forêts tropicales. Il s’est donné pour cela de grands moyens financiers et techniques. Il a exploré longuement la forêt. Il a observé des êtres. Mais il n’est guère parvenu à reconstituer ni le mystère ni la magie qui le fascinaient. Ni à donner aux symboles leur véritable sens (...). En définitive, cette Forêt d’émeraude est davantage un film d’aventures qu’une fable des temps modernes. Les êtres manquent d’épaisseur et de crédibilité. Les situations et les images apparaissent plus terre à terre et convenues que fantastiques ».
Jeanine Baron, 27/09/1985
Les Echos
« Boorman, ici, a surtout choisi de raconter une histoire, avec ses violences, sans (trop) de naïvetés (bien qu’à la fin le film traine un peu), et, surtout, à travers de magnifiques images (...). On pense aussi, parfois, bien sûr, à Greystoke, mais ici l’aventure est plus primitive et Boorman le Britannique a laissé l’humour de côté. Pour s’enfoncer, avec nous, dans la pureté oubliée du monde. Beau voyage ».
Annie Coppermann, 28/06/1985
L’Evénement du Jeudi
« Je crois que j’ai réussi à faire quelque chose de poignant, dit Boorman. Et c’est vrai que derrière la somptuosité des images, la force de l’action, la perfection du spectacle se dissimule une profonde tristesse, très inhabituelle dans ce genre de film. L’homme blanc gagne partout dans le monde, les Indiens vont mourir. La Forêt d’émeraude, c’est notre dernier regard sur un univers en voie de disparition. Presqu’un adieu ».
Anne Andreu, 27/06/1985
Le Figaro
« Boorman peut donner ici libre cours à son instinct qui confine à une sorte de génie. Il nous transmet avec une ardeur fascinante les délires de la nature végétale et sauvage, il fouille les mystères de l’ombre, jongle avec la lumière. On est émerveillé et oxygéné (...). Tout cela n’engendre pas d’émotions particulières et ne compromet pas la bonne humeur. Mais on attend un peu plus de John Boorman ».
Claude Baignères, 27/06/1985
Le Figaro Magazine
« C’est délicieux comme une publicité pour une barre de chocolat à la noix de coco et simpliste comme bonjour. A la gloire des cultures en voie d’extinction, voici un parfum d’Eden sans relent de serpent. Et reposant ».
A.S.-A., 06/07/1985
Le Figaro Magazine
« Les plus intellectuels se satisferont d’une dose non négligeable de symboles et de mythes et les curieux y trouveront leur compte avec les rites et coutumes des tribus indiennes parfaitement reconstituées (...). Le propos un peu simpliste de la nature qui se révolte contre la civilisation importe moins que le style de Boorman. Il éclate à travers les images tout à fait étonnantes de l’Amazonie qu’il a percée et explorée comme il le voulait depuis longtemps ».
C.P., 29/07/1985
France Soir
« Boorman nous offre un hymne à la nature et à la vraie vie d’une sincérité et d’une beauté qui justifient l’enthousiasme ».
Robert Chazal, 25/06/1985
France Soir
« Le metteur en scène a été remarquablement secondé par Philippe Rousselot, qui a fait de fort belles images.En outre, l’interprétation nombreuse,(?) Charley Boorman en tête,est parfaite. Tout le monde, on le sent, a travaillé dans une réelle ferveur, inspiré par le sujet et la forêt elle-même. Une ferveur à laquelle aucun spectateur ne peut rester insensible ».
Robert Chazal, 26/06/1985
L’Humanité
« Les intentions de Boorman sont pourtant saines (...). Il faut croire que tout ce qui est étranger doit être féroce et bête. Ce manichéisme conduit à faire ressentir ce qui est bon, comme étant trop bon. Donc improbable. A part cela, les prises de vue sont excellentes. La faune animale, superbe mais rare. Les amoureux innocents sont des anges de beauté et les méchants, horribles. Tout est dans l’ordre du cinéma d’aventure tropicale ».
Gilles Le Morvan, 21/05/1985
Libération
« Un film d’aventures naïf, est-ce encore possible aujourd’hui (sinon au second degré) ? Non. Mais un film d’aventures non-naïf, est-ce possible pour autant ? Non plus. Dans cet entre-deux, Boorman campe avec armes et bagages. Ses armes, on les connaît : ce côté non-dupe qui en fait un héritier d’Huston, cette intelligence in control et un grand savoir-faire opératique. Ses bagages, hélas, sont alourdis par un manque presque total de sensibilité, le refus de l’émotion au nom du refus du sentimentalisme (...) et un volontarisme fatigant pour atteindre la grande forme ».
Serge Daney, 21/05/1985
Libération
« Toutes ces qualités délicates qui auraient pu confluer dans un excellent film-fleuve, sont constamment canalisées vers l’embouchure béate de son message final bétonné. Comme si John Boorman, vieux routard de la dialectique barbare-civilisé, n’arrivait pas à accoucher en toute innocence d’un de ces films d’aventures bien xénophobes et grassement racistes qui font actuellement la gloire des productions hollywoodiennes ».
Gérard Lefort, 27/06/1985
La Lutte Ouvrière
« Avec La Forêt d’émeraude, John Boorman nous offre donc un conte écologiste, fort idéalisé sans doute, mais grâce à son talent, au rythme qu’il donne au film, à la beauté des images, il parvient à emporter le spectateur ».
Nelly Meyer, 06/07/1985
Le Matin
« Un film écologique peut-être, mais qui synthétise avant tout les obsessions philosophiques, mystiques et ethnologiques de son auteur. Du grand Boorman ».
Benoît Heimermann, 20/05/1985
Le Matin
« On le voit, Boorman, ce maître de l’action physique, héritier d’un John Ford ou d’un Raoul Walsh, est aussi un romantique pour qui le monde est à déchiffrer (...). L’épreuve physique devient une découverte mentale. Mais ce cheminement est aussi celui de tout grand créateur. Pour nous faire penser, il faut d’abord nous faire sentir. Et le public ne s’y trompe pas, qui suit par millions un Kubrick, un Boorman, un Fellini, un Coppola dans leurs entreprises démesurées en sachant que leurs films-spectacles, gorgés d’images fascinantes, sont aussi une source d’enrichissement et de réflexion ».
Michel Ciment, 21/05/1985
Le Matin
« Se déguisant habituellement derrière la métaphore, dans La Forêt d’émeraude le réalisateur se livre pour la première fois à nu. Un mélancolique récit ethno-autobiographique (...). Boorman aime les métaphores. Il les souligne, les montre du doigt, ravi parfois de se laisser prendre à leurs pièges ».
Marie-Elisabeth Rouchy, 26/06/1985
Le Matin
« C’est un beau spectacle. Admirablement photographié, dirigé avec le sens du faste végétal et le goût de la peau qu’il faut pour se consacrer à la peinture des paradis terrestres (...). La Forêt d’émeraude est une somptueuse fable écologique dont la morale nous est transmise aux dernières images par le truchement d’un texte lapidaire ».
Michel Pérez, 26/06/1985
Le Monde
« Malgré le message écologique pour la défense de la vie naturelle et du bon sauvage, assené sans nuances à la fin, le film, par la composition souvent frénétique de ses images, par l’utilisation envoûtante des sons, des bruits, bascule presque constamment dans un monde artificiel (...). Il faut donc, pour accepter totalement La Forêt d’émeraude, prendre totalement ce film sous un autre biais : celui de l’irrationnel, du tout est permis quand on rêve. Rêvons ».
Jacques Siclier, 30/06/1985
Le Monde
« Je sentais qu’il était important de pénétrer l’anneau primitif des forêts, de filmer là où personne n’était allé. Je voulais ramener ces images, parce que j’ai été profondément marqué par mes séjours en Amazonie ».
John Boorman, propos recueillis par Jean-Philippe Domecq, 30/06/1985
Le Point
« Des effets époustouflants : l’image est grandiose, les paysages et les personnages très (trop) beaux, l’action menée par un maître du récit. Mais il existe, c’est connu, un truc dit lien de cause à effet. En l’espèce, le scénario (...). Pas grand chose d’autre qu’un agréable divertissement. Ce qui n’est déjà pas mal ».
Jean-Michel Frodon, 01/07/1985
Le Quotidien de Paris
« Il est difficile d’illustrer avec plus de force, de beauté et de virtuosité ce rêve toujours recommencé du retour à l’Eden (...). Des années de recherche, de repérage, de travail sur les lieux, les décors, les costumes (si on peut dire), les attitudes, les interprètes, l’authenticité ethnologique de cette fiction constituent le substrat technique d’une grande réussite poétique. Depuis l’admirable Aguirre, le cinéma n’avait pas exploité avec autant de bonheur la mystérieuse photogénie de la forêt. Après Herzog, Boorman nous fait peut-être prendre ses lubies pour des westerns.Mais Dieu que l’Amazone est belle !"
Dominique Jamet, 26/06/1985
Télérama
« Précarité des situations, complexité du monde : comme tous les grands artistes, Boorman donne une forme simple, éclairante, au chaos où se meuvent nos vies. Il n’apporte pas de réponses, ne donne pas de leçons, mais relève comme un apprenti les contours du labyrinthe. Il aurait fallu dire aussi qu’il est un metteur en scène inspiré, un paysagiste sans égal, un chantre de l’envol et de la présence physique. Que sa bande-son n’ignore aucun froissement d’élytre, aucun trottinement de fourmi. Que son travail d’ethnologue est d’une rigueur exemplaire et jamais entravée. La Forêt d’émeraude est un poème sans équivalent dans le cinéma d’aujourd’hui ».
Emmanuel Carrère, 26/06/1985