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 CINEMA :Les blessures narcissiques d'une vie par procuration
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CINEMA :Les blessures narcissiques d'une vie par procuration

VIP-Blog de tellurikwaves
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  • Créé le : 10/09/2011 19:04
    Modifié : 09/08/2023 17:55

    Garçon (73 ans)
    Origine : 75 Paris
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    ©-DR-THERE WILL BE BLOOD de Paul.T.Anderson (2007) p11

    04/03/2014 11:19

    ©-DR-THERE WILL BE BLOOD de Paul.T.Anderson (2007)  p11


    INTERVIEW PAUL DANO

    Question:Eli, votre prénom dans le film, veut dire Mon Dieu en arménien. Sauveur de votre congrégation vous vous êtes pris pour Dieu ?

    Réponse    D’une certaine manière. Quand vous portez la bonne parole, que l’on vous écoute comme si vous étiez le messie, que vous êtes doté d’un certain pouvoir sur les autres, votre ego dérape facilement (petits rires).

        
    -Votre père donne au personnage de Daniel Day Lewis, Plainview un tuyau pour trouver l’emplacement du pétrole, qui vous a donné le tuyau pour faire partie de cette aventure ?

        Paul Thomas Anderson a vu The Ballad of Jack & Rose dans lequel je joue aux côtés de Daniel Day Lewis. Ayant plutôt apprécié, il a demandé son avis me concernant à Rebecca Miller.Nous nous sommes rencontrés à New York, où j’habite, et voilà.

        
    Daniel Day Lewis passe pour être un insatiable bosseur, il s’immerge, c’est la deuxième fois que vous travaillez avec lui, est-ce une bonne école ?

        Ma première rencontre sur le film de Rebecca Miller a eu une énorme importance. J’ai toujours été un grand fan de son travail. L’approche mystérieuse de ses personnages est incroyable. Je la trouve extraordinaire et en même temps il ne peut en être autrement. Je n’aime pas devoir expliquer pourquoi telles peintures me procurent telles émotions. Le mystère est capital.

    Je n’ai pas envie de savoir comment l’artiste procède dans son fort intérieur, quelle fut son inspiration. J’aime cette sensation procurée par les émotions. Concernant Daniel, j’ai indéniablement pris un peu de son intégrité. Comme j’espère m’être un peu inspiré de son engagement, de la passion qu’il met dans son travail. Difficile de dire réellement ce que c’est. Cela relève de l’inconscient.

        
    Votre père vend son âme au diable, ce dernier ayant les traits de Daniel Day Lewis. Jouer est-il une manière de vendre la vôtre à un inconnu, pas automatiquement le diable ?

        Vendre n’est pas le terme approprié mais cela y ressemble effectivement. Quel étrange métier que le nôtre. Je n’ai pratiquement aucun point commun avec Eli, aucun ami ne lui ressemble,même pas un peu. Il convient de se donner à lui, d’apprendre à voir à travers ses yeux, à sentir ce qu’il ressent. Et oui, vous vous donnez d’une certaine manière à l’autre.

        
    Vous êtes-vous senti possédé, car le personnage est loin d’être anodin ?

        Là encore le mot possédé est un peu fort. Cela se passe pour beaucoup dans le subconscient. C’est très psychosomatique. En étant ce personnage 6 jours sur 7, douze heures par jour, il est naturel qu’il en reste des bribes à l’intérieur le septième jour. Il vous accompagne, que vous le sachiez ou pas.

    Il peut intervenir inconsciemment sur votre façon de vous exprimer avec vos amis. Ses mots deviennent les vôtres, ce qui est assez étonnant, même troublant. Il vous affecte à votre insu. Mais dès que vous mettez le pied dans un autre monde, votre objectivité s’effrite et tant mieux. Des tas de choses vous échappent et c’est parfait ainsi.

        
    Vous jouez deux personnages opposés, en poussant le bouchon un peu loin, ne peut-on voir également une métaphore montrant les deux faces de l’Amérique, avec le capitalisme, la cupidité et le spiritualisme concrétisé par votre personnage prônant la parole de Dieu?

        Cela n’est pas faux. Loin de là. Mais nous n’en n’étions pas conscient en le faisant. Je le ressens comme spectateur. C’était perceptible à la lecture du scénario mais plus en le jouant. Mais c’est d’abord une histoire avec des personnages. Pas un film politique. Il n’a pas été conçu dans ce but. Ce qui explique cette force avec laquelle les thèmes émergent. La prise de pouvoir, l’importance de l’argent, la religion, qui trouve un écho aujourd’hui. Mais Paul Thomas serait le plus à même de répondre.

        
    Votre personnage obsédé par Nietsche dans Little Miss Sunshine vous a-t-il aidé ?

        Intéressant. Probablement. Mais là encore c’est inconsciemment. Je n’y avais pas pensé mais oui. C’est amusant. Vous vous nourrissez de ce que vous êtes, de ce que avez appris, des endroits déjà visités psychologiquement. En même temps, il est excitant d’accueillir, si je peux employer ce mot, quelqu’un d’étranger, de nouveau tout en laissant de côté une partie de vous-même pour laisser place, en l'occurrence ici, à quelqu’un d’arrogant, à l’ego démesuré.

        
    Votre personnage et celui de Daniel Day Lewis cherchent à s'humilier, il n’y a aucun respect entre eux, comme si ils se renvoyaient leur propre miroir ?

        Vous avez parfaitement raison. Ils sont l’un pour l’autre leur propre miroir. Seule différence, Eli devient peu à peu pathétique, désespéré, il baisse les bras alors que Plainview se bat.

        
    Ce sont deux grands solitaires ?

        Et comment.

        
    Incapables de trouver leur place dans le monde ?

        Absolument. Ils devraient en conséquence éprouver quelque respect l’un pour l’autre et il n’en est rien. Au contraire.

        
    La religion est très présente,les mots peuvent manipuler les gens,Eli ne s’en prive pas, est-elle à double tranchant?

        Sûrement. Elle n’est simplement pas une nécessité. C’est à chacun de trouver ce qui lui convient pour faire en sorte que sa vie aille dans le bon chemin, pour être heureux. Mais c’est un vaste sujet….

        
    Vous avez beaucoup parlé avec Daniel Day Lewis?

        Pas pendant le tournage. Nous gardions nos distances. Mais ayant faits deux films ensemble, j’ai appris à le découvrir un peu plus en dehors.

        
    Votre filmographie affiche un penchant pour les voyages dans les zones sombres,les endroits insolites?

        J’aime garder ma curiosité en éveil. C’est indispensable. Ce rôle est sans conteste mon plus excitant. J’ai adoré le construire. Aujourd’hui, j’essaie de devenir un meilleur acteur. Je me demande à chaque fois si je vais être capable d’aller visiter des contrées éloignées de ma personnalité, mais en même c’est aussi tout l’intérêt du métier que d’aller dans des zones inexplorées. J’aime ça.

        
    Pénétrer dans ce monde d’Eli qui vous est étranger vous a quelque peu effrayé?

        Oui, je crois. Au début je l’ai aimé car il le fallait d’une certaine manière. Mais son arrogance, son ego m’ont flanqué un peu la trouille. Avec le recul ce ne fut pas facile. C’est du matériau dangereux, ou qui peut l’être car il parle d’égoïsme aveuglant, de fanatisme, de solitude poussée à l’extrême. L’on peut d’ailleurs faire un parallèle avec ce métier.

        
    Vous n’avez pas eu peur de vous brûler les ailes, votre âme ?

        Non. Aussi sérieusement que l’on puisse prendre son rôle ce n’est q’un jeu dans le sens jouer du terme. Il suffit d’être honnête, d’essayer de l’être le plus possible, tout en restant vigilant. Ce personnage m’a permis de me sentir mieux à l’intérieur. Ayant déjà les pieds sur terre, il m’a aidé à ne pas commettre ses erreurs. Je reprendrai juste une phrase de  Miles Davis pour poursuivre dans ce sens, « Je sais ce que je n’aime pas. Je ne sais pas ce que j’aime ». En ce qui me concerne, je ne veux en aucune façon ressembler à Eli. J’ai une soif de découverte.

        
    Avez-vous, en creusant dans cette période de l’histoire de votre pays, appris un peu plus sur ses racines ?

        Sans aucun doute. Sur la Californie sur ce monde des chercheurs d’or noire, sur le rêve de l’ouest. Sur l’espoir de bon nombre qui s’est transformé en désillusions.

        
    Vous avez commencé très jeune sur les planches, vous y remonterez ?

        J’espère. Le théâtre a influencé ma façon de jouer, je lui dois beaucoup. J’adore être sur scène, alors oui j’y retournerai.






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