L'ENCINEMATHEQUE(fin)
Le chef décorateur Robert Gys, collaborateur attitré de Christian Jaque , travaille à cette occasion pour l'unique fois avec Duvivier, réalisant de superbes planches mise en valeur sur le plateau par l'éclairage astucieux du très talentueux photographe Armand Thirard. il réalise notamment une superbe reconstitution du marché du vieux quartier des Halles de Paris aujourd'hui disparu, et dont la vision ravit toujours certains nostalgiques de la capitale de ces années-là.
Duvivier, qui reste lié à la carrière de Jean Gabin, l'utilise une septième et dernière fois lui offrant comme dans ses autres films un rôle de personnage à fort caractère et débordant de réalisme qui lui va, bien-sûr, comme un gant. L'acteur lui-même lui rendra hommage dans un article du Figaro Magazine de juin 64: «Seuls deux metteurs en scènes m'ont apporté quelque chose. Ils se nomment Duvivier pour la technique et Renoir pour la direction d'acteurs.»
Un autre témoignage de Gabin encore plus précis à ce sujet: «C'est Duvivier qui m'a appris ce que j'ignorais encore de la technique du cinéma. Il m'a expliqué les objectifs et selon le choix qu'on en faisait pour un plan ce qu'on pouvait en attendre. J'ai bien retenu la leçon et ensuite j'ai su adapter mon jeu ou une certaine façon de me déplacer devant la caméra, en fonction de l'objectif choisi.»
Evidemment, pour clore cette petite histoire, il faut bien sûr saluer l'époustouflante interprétation de Danièle Delorme qui utilisa avec maestria toutes ses facéties(?)facettes pour faire vivre l'une des plus belles garces du grand écran. Elle révèle au public son immense talent. Je n'ai malheureusement qu'un seul témoignage venant d'elle: «De tous les metteurs en scène que j'ai connus, Duvivier était le plus directif. Je pensais que c'était tellement bien ;qu'il n'y avait qu'à se laisser faire.»
La chanson originale de film, «La complainte des assassins», écrite par Julien Duvivier lui-même, est chantée par la chanteuse et actrice Germaine Montero.
Sorti dans les salles françaises en avril 1956 avec le lourd handicap d'une interdiction aux mineurs de moins de 16 ans (un visa qui est actuellement en cours de révision ), «Voici le temps des assassins» totalisa un peu plus de 1 500 000 entrées .
©Fernand Cabrelli, février 2007