La critique de Filmosphère (extraits choisis)
(Il Richiamo titre italien)
Pour son deuxième long métrage, l’italien Stefano Pasetto quitte la grande botte en direction de l’Argentine où il cherche à illustrer la révolution au coeur de la vie d’une femme. C’est Lucia, et son voyage nous emmène de l’assourdissante vie urbaine aux contrées peu habitées de Patagonie. L’idée de départ n’est pas bien nouvelle, avec cette femme arrivée à un moment de sa vie où elle doute, où elle se retrouve face à la maladie, face à un mari qui s’éloigne, face à des questions perpétuelles. Le sujet a été traité des milliers de fois et à vrai dire, rien ne distingue vraiment Le Voyage de Lucia de ses petits camarades, et certainement pas une sensibilité masculine toujours limite lorsqu’il s’agit de traiter de portraits de femmes complexes. D’ailleurs, l’idée même de faire vivre à cette femme une relation homosexuelle avec une fille bien plus jeune qu’elle n’est-elle pas typique d’un esprit masculin? (Ah bon ?)
Concrètement, rien ne différencie Le Voyage de Lucia de tous ces petits drames qui vont de festival en festival sans trop faire parler d’eux en bien ou en mal. Des films assez neutres qui peinent à imprimer leur message au spectateur. Du récit principal de celui-ci on ne retiendra pas grand chose car il n’y a rien de surprenant. Il faut écailler un peu la chose pour y discerner un embryon de réflexion pas inintéressant sur les notions de racines, les héroïnes étant toutes deux des italiennes habitant en Argentine, mais qui se voit tuée dans l’oeuf en quelques lignes de dialogues qui ne parlent qu’aux spécialistes de la société italienne et du traitement réservé aux femmes...[Toutefois on s’abandonne bien volontiers au voyage et à la sensualité qui s’en dégage...(Voui...merci quand même pour cette concession)
Avec son tournage en numérique et ses couleurs pétantes, Le Voyage de Lucia flatte généralement la rétine, sans l’éclater non plus. On reste dans du cinéma de festival soigné mais sans éclat. Et si on se laisse tout de même prendre au jeu c’est en grande partie grâce aux actrices. Sandra Ceccarelli (vue notamment dans Le Métier des armes de Ermanno Olmi et Klimt de Raoul Ruiz) et Francesca Inaudi (apparue dans Don Giovanni, naissance d’un opéra de Carlos Saura) donnent corps à ces deux êtres. L’un en perdition, l’autre en mouvement perpétuel, un passionné, un lunaire, un tout incroyablement crédible au sein de ce petit film des plus agréables mais qui n’a pas grand chose pour parquer les esprit, malheureusement. Et tout cela car il lui manque l’essentiel, à savoir une véritable émotion qui emporterait tout sur son passage et effacerait son manque d’originalité.(Ffffffff!)