Analyse (1)
Michel Hazanavicius cite plusieurs sources d'inspiration pour sa réalisation dont L'Aurore et L'Intruse de F.W. Murnau, Les Quatre fils de John Ford, La Foule de King Vidor et L'Inconnu de Tod Browning.Mais des films des années 1940 et 1950, comme Boulevard du crépuscule de Billy Wilder et Chantons sous la pluie de Stanley Donen et Gene Kelly, l'ont également influencé pour leur évocation du passage du muet au parlant et leur représentation tragi-comique d'un Hollywood disparu.
L'histoire, qui évoque le destin croisé d'une star féminine montante et d'un acteur à la notoriété déclinante, fait surtout référence au film Une étoile est née de William A. Wellman. Parmi les sources possibles d'influence, des critiques ont aussi relevé l'histoire réelle de John Gilbert, qui présente des similitudes avec le scénario de The Artist. Star américaine des années 1920, John Gilbert vécut difficilement le passage du muet au parlant. Il était en conflit ouvert avec le producteur Louis B. Mayer, qui tenta de briser sa carrière. Mais il reçut une seconde chance grâce à Greta Garbo, elle aussi grande vedette du muet qui avait réussi sa transition vers le cinéma parlant. Elle se souvint de Gilbert, dont elle avait été très proche, et l'imposa à la Metro-Goldwyn-Mayer comme partenaire pour le film La Reine Christine, en 1933.
Le film évoque aussi le scénario de Mirages, film muet de King Vidor, sorti en 1928, dans lequel une jeune femme, nommée Peggy Pepper, tente de devenir une star d'Hollywood.Le film fourmille également de références à des scènes plus ou moins connues du cinéma hollywoodien (notamment à l'âge d'or du film classique). Les séquences de repas en tête à tête entre George Valentin et son épouse, où l'ennui se fait de plus en plus prégnant, renvoient au procédé similaire employé par Orson Welles dans Citizen Kane. Dans The Artist, l'affiche du film Guardian Angel, dans lequel joue Peppy Miller, suggère une œuvre de 1928 : L'Ange de la rue de Frank Borzage. Quant à la scène de la veste empruntée par Peppy dans la loge de George Valentin, elle rappelle un geste semblable de Janet Gaynor dans un autre film de Borzage : L'Heure suprême.