Carrière américaine (1)
Harvey Weinstein, président de la Weinstein Company, avait acquis les droits de The Artist pour la sortie américaine avant la projection cannoise. Il met au point une intense campagne de promotion du film aux États-Unis en prévision des Oscars du cinéma 2012. Selon certaines sources, le coût de cette campagne serait de 10 millions de dollars soit presque le budget de production, estimé à 15 millions de dollars. D'autres avancent même des sommes plus hautes comme 20 millions de dollars, ce que Weinstein dément sans toutefois donner de chiffres précis.La Weinstein Company fait notamment repousser la sortie française afin d'éviter que le film ne soit sélectionné pour représenter la France car il n'aurait probablement concouru qu'en tant que « meilleur film étranger », sans prétendre à d'autres récompenses.
Évaluant le potentiel de victoire minime de Bérénice Bejo dans la catégorie « Meilleure actrice » face à Meryl Streep pour son interprétation de Margaret Thatcher dans La Dame de fer (dont il est aussi distributeur aux États-Unis), Weinstein l'inscrit dans les registres comme second rôle afin d'en faire, à défaut, l'une des candidates favorites au titre de « Meilleur actrice de soutien ». Bejo se trouvera d'ailleurs plus tard dans une situation inédite, étant nommée comme « meilleur second rôle féminin » aux Golden Globes, aux SAG Awards et aux Oscars mais citée aux BAFTAs et récompensée aux Césars comme « meilleure actrice » pour le même rôle.
Pour améliorer les chances de The Artist, Weinstein brouille également les allusions à la nationalité du film qui fait la une des couvertures spécialisées et gagne la sympathie du public outre-Atlantique, appréciant sa démarche artistique et son hommage décalé à l'âge d'or d'un cinéma américain tombé dans l'oubli. Lors de son premier week-end d'exploitation, le long métrage engrange 210 000 dollars de recettes aux États-Unis, sur une combinaison de quatre salles.