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Michel Hazanavicius, couronné meilleur réalisateur pour The Artist à la 37e cérémonie des César.Sur le site AlloCiné, le film obtient de la part des critiques une note de 4,1/5, note également partagée par les spectateurs. Les utilisateurs d'IMDB le créditent, quant à eux, d'une note de 8,2/10 tandis que le site Metacritic relève une moyenne de 89/100 sur 41 critiques anglophones et que Rotten Tomatoes indique que 98 % des 210 critiques recensées sont positives pour un score moyen de 8,7/10.
De manière générale, la presse française encense le film à sa sortie, saluant particulièrement la prestation de Michel Hazanavicius, Jean Dujardin et Bérénice Béjo, à un niveau plutôt « technique ». À titre d'exemple, Ollivier Pourriol exprime son enthousiasme pour The Artist dans Marianne, expliquant : « La performance du couple Dujardin-Bejo dans cet hommage amusé aux classiques hollywoodiens des années 20, entre expressionnisme, pantomime et claquettes, rappelle à quel point, comme disait le metteur en scène Peter Brook, “le corps a des idées”. [...] The Artist a la texture d'un souvenir qui n'appartiendrait à personne et à tous, revisitant un imaginaire qui est moins celui du cinéma américain que celui du cinéma tout court. ».
Le magazine Les Inrockuptibles note que"Michel Hazanavicius démontre une fois de plus dans The Artist son talent d’imitateur, de pasticheur fou. ». Éric Libiot de L'Express a donné cinq étoiles au film écrivant qu'il s'agit d'un film « aussi radical que festif conjuguant un engagement sans concessions et une passion amoureuse pour tous ces fantômes de l'écran valsant dans la salle de bal de nos imaginaires. ». La rédaction de Le Monde estime de la même manière que « la réussite du film tient à la manière joyeuse dont Michel Hazanavicius s’empare du cinéma d'antan avec les outils du cinéma d’aujourd’hui. ».
Cependant, Les Cahiers du cinéma, autrefois défenseur du diptyque OSS 117, exprime des réserves sur la réalisation de Michel Hazanavicius dont il reconnait malgré tout le brio : « Un pastiche gourmand qui est à l'âge d'or hollywoodien ce que le rococo est au baroque : une déformation très séduisante mais aussi dédramatisée, où la sophistication flirte avec la mièvrerie mais brille par son indéniable virtuosité. Et pourtant cette incontestable réussite marque aussi les limites d'un système. ». Au delà de la simple réalisation et des performances artistiques des acteurs principaux, l'hebdomadaire Charlie Hebdo évoque néanmoins un pur exercice de style et un objet plaisant sur la forme mais sans aucun contenu : « La surface de The Artist est brillante, pétillante, souvent subtile, mais le fond, lui, est inexistant. ».
Tout comme le critique Gérard Lefort qui fait, de son côté, part de sa déception dans le quotidien Libération : « Il faut en effet être de très bonne humeur pour s'intéresser au mélo à deux balles et trois Kleenex qui croise le cœur de George à celui de Peppy [...] Le problème de The Artist n'est pas celui du faux-semblant mais du faux air. ».