Genèse (fin)
Le film se tourne en Grande-Bretagne, à Holy Island, appelé aussi Lindersfarne, un endroit que l’on dit hanté de fantômes. Un lieu reculé. Une population locale méfiante. Et le climat y est aussi changeant que sur les lacs de Mazurie.Pour ne rien arranger,les trois interprètes principaux ont chacun des caractères complexes Stander se comporte comme une brute (il frappe réellement Dorléac dans la scène de lutte), Pleasance arrive sur le tournage le crâne rasé à la stupeur générale et prend l’équipe de haut. Et Dorléac souffre beaucoup, de l’endroit et des gens.
La mauvaise humeur est générale et le tournage prend du retard à tel point que Roman Polanski décide, en échange, de donner ses pourcentages de Répulsion en gage de bonne volonté. Stander simule aussi des problèmes physiques pour toucher des cachets supplémentaires ; le film manque d’être définitivement arrêté. Brach fait alors croire à Stander que Polanski veut l’engager dans son prochain film, et du jour au lendemain Stander remarche ! Et le tournage avec lui.
Désireux de tourner une des scènes du film en seul plan et à l’heure magique, Roman Polanski passe une journée entière à la préparer et à organiser le passage d’un avion dans le même plan avec un opérateur radio installé derrière la caméra dans une cabine insonorisée et relié par ondes au pilote de l’avion. Le cinéaste explique que « Les longues prises sont toujours préférables lors des scènes d’émotion parce qu’elles permettant aux comédiens de rester dans leur rôle. »
Le chef opérateur, Gil Taylor, abandonne Roman Polanski sur cette scène dite infaisable. Mais le cinéaste y parvient. Hélas, à la troisième prise, Françoise Dorléac s’évanouit à cause de la froideur de l’eau. Jugé coupable, Roman Polanski échappe de peu à la mutinerie de toute son équipe. Le tournage achevé, le metteur en scène repart à Londres, exténué, et passe plusieurs jours seul dans son hôtel. Il faut encore monter Cul de Sac.