par Alexandre Tylski, Université Toulouse II (suite)
A la grande joie du jeune Polanski, LE COUTEAU DANS L'EAU décroche le prix de la critique à Venise en 1962. Polanski part dans l’été 1963 promouvoir LE COUTEAU DANS L'EAU à New-York et y connaît un très bon accueil (il fait notamment la couverture de Time) et lui vaut une nomination aux Oscars comme meilleur film étranger. Polanski dans un second voyage, cette fois à Los Angeles, visite Disneyland en compagnie de Federico Fellini juste avant la remise des prix. Il ne remportera pas l’Oscar (Fellini l’emporte grâce à Huit et Demi que Polanski vénère par ailleurs). Mais Roman s’entend proposer par la Twenty Century Fox de réaliser pour eux un remake du COUTEAU DANS L'EAU en couleurs !
Avec Liz Taylor, Richard Burton et Warren Beatty dans les rôles principaux. Roman repart aussitôt à Paris. Et s’attèle à son prochain film : Répulsion.LE COUTEAU DANS L'EAU ressortira en 1978 et continuera de séduire la critique : « observation clinique (…) le film est une critique acerbe et sensible de"l’embourgeoisement"en pays socialiste."(Albert Cervoni, L’humanité, 24/06/1078) et :
« Roman Polanski n’a besoin d’aucun recours à Freud pour décrire la névrose de cette humanité qui se réfugie derrière toutes les grimaces du « sur-moi » politique et social pour éviter de prendre conscience de l’essentiel de ses obsessions. Dans ce sens, Le Couteau dans l’eau est à la fois un brûlot anti-conformiste, et un film totalement prémonitoire. Il annonce une rupture de connivence entre les générations bien longtemps avant le mouvement « hippie » ou encore la tempête de mai 68. » (Henri Chapier, in Le Quotidien de Paris, 22/06/1978). LE COUTEAU DANS L'EAU ne serait-il pas aussi un film sur l’homme et sur l’Homme au sens général ?