La critique de DEVIDEAD (2)
De prime abord, le film d’Eric Tessier n’a rien de bien attirant et semble vouloir s’orienter vers des métrages type SAW. Néanmoins, cela s’avère une mauvaise piste. Séquestré, le héros est obligé de se plier aux règles,et donc au jeu,de son geôlier.Le début du film aurait même de quoi inquiéter avec l’utilisation d’une caméra subjective au sein de la narration.Cet aspect sera toutefois particulièrement bien intégré dans l’intrigue et ne se limitera pas, loin de là, à un gadget cinématographique.Enfin,l’intrusion de parties d’échec au cœur de l’histoire ne va pas du tout alourdir le déroulement du film bien au contraire,5150 RUE DES ORMES se montre assez vite particulièrement passionnant.
Bien sûr, l’histoire d’un prisonnier jouant aux échecs au-delà de la normale n’est pas sans rappeler Le Joueur d’Echec de Stefan Zweig, livre adapté sous le même titre au cinéma au début des années 60. Toutefois, 5150 RUE DES ORMES s’affranchit de cette filiation en développant de manière assez différente son intrigue. Evidemment, Eric Tessier et Patrick Senécal ne se focalisent pas vraiment sur les véritables rouages du jeu et n’en conservent que certains concepts.
*
Juste assez pour faire utiliser ce jeu aux règles strictes et rigoureusement définies dans la vision particulièrement manichéenne d’un père de famille autoritaire. Champion d’échec, l’homme se croit supérieur en maîtrisant le jeu et se croit donc investi du pouvoir d’appliquer une justice radicale. L’idée est d’ailleurs à rapprocher du EMPRISE de Bill Paxton, l’aspect religieux étant remplacé ici par une stricte moralité qui se voit sanctionnée par une mise à mort aussi froide que brutale.