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 CINEMA :Les blessures narcissiques d'une vie par procuration
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CINEMA :Les blessures narcissiques d'une vie par procuration

VIP-Blog de tellurikwaves
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  • Créé le : 10/09/2011 19:04
    Modifié : 09/08/2023 17:55

    Garçon (73 ans)
    Origine : 75 Paris
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    © DR -DIVA de J.Jacques Beineix (1981) p41

    29/08/2013 15:53

    © DR -DIVA de J.Jacques Beineix (1981) p41


     

    Dans La lune dans le caniveau, vous vous offriez deux grandes stars, Nastassia Kinski et Gérard Depardieu, qui va dénigrer le film...
     
    Oui, ça aussi, ça aide. C’est "la lune dans l’ego", il dit que je suis un fou, un maniaque... Ce qui est drôle, c’est qu’on s’est parfaitement entendus pendant le tournage.
     
    Vous avez refusé de prendre des stars pour les premiers rôles de 37°2 le matin. Etait-ce encore une fois en réaction à La lune ?Il n’y avait pas de stars pour 37°2.Dans le making of du DVD, quelqu’un parle d’Isabelle Adjani. Elle aurait souhaité faire le film, et vous auriez refusé de l’engager.
     
    Oui, sous réserve que cela soit vrai. J’y mettrais un point d’interrogation. Mais je pense qu’effectivement elle voulait le faire et qu’il y avait des gens qui étaient là pour qu’elle le fasse. Mais c’était de bonne guerre. Personnellement j’ai énormément d’admiration pour elle. Admettant qu’elle ait vraiment voulu interpréter le rôle de Betty, il ne faut pas dire des chosestant qu’on ne peut pas les prouver. Moi je peux dire cela, et je pense que c’est vrai. Et elle aurait eu bien tort de ne pas avoir envie de le faire. C’était un rôle en or.Elle en était tout à fait capable. Après tout, le personnage de Betty n’est pas si éloigné de celui qu’elle interprètait dans L’été meurtrier trois ans auparavant.C’est la raison pour laquelle je n’ai pas voulu d’Adjani. Je me suis dit qu’on allait m’accuser d’aller dans ce sens. Je voulais une inconnue.Il n’y avait pas de noms célèbres au générique. Philippe Djian sortait de nulle part. Il se trouvait que moi je le connaissais. J’avais déjà lu ses livres. Ce n’était pas du tout un inconnu pour moi. Il existait à mes yeux. En plus, ce qui est drôle, quand on prend le livre de Djian, il y a une phrase en exergue. Elle est signée Richard Brautigan. Peu de gens savent qui il est.(Génial) Djian, lui, le savait. En revanche, ce qu’il ne savait pas, c’est qu’un an auparavant, Brautigan, qui est l’une des icônes du roman américain, était venu à Paris. Il avait posé alors deux conditions à Christian Bourgois, faute de quoi il ne venait pas. Il avait demandé un billet pour Tokyo et à rencontrer Jean-Jacques Beineix. On a passé une journée chez son traducteur qui s’en souvient encore. Nous sommes repartis avec une bouteille de saké et nous avons bu jusqu’à six heures du matin. Trois ans après, il s’est mis une balle de 44 Magnum dans la tête. Evidemment ce n’était pas à cause de moi (rires). Il avait vu Diva cinq fois, et c’était le film le plus génial pour lui. Alors quand sur le manuscrit j’ai vu Richard Brautigan, je me suis dit, tiens c’est marrant ! J’avais déjà lu Bleu comme l’enfer de Djian auparavant.
     
    Qui avait été adapté au cinéma la même année...
     
    Oui, et vous savez pour quelle raison il avait été adapté au cinéma, c’était parce que je l’avais envoyé à un agent littéraire qui s’appelle Suzanne Rossignol. Elle est encore vivante et elle peut en témoigner. Je lui ai envoyé pour une simple raison, car Suzanne Rossignol m’avait fait connaître Diva. Par la suite, elle m’a envoyé le roman de Mark Behm, L’affaire du siècle que j’ai voulu adapter par la suite au cinéma. Comme j’avais signé un contrat avec Paramount et que les Américains estimaient qu’ils n’avaient pas à passer par un agent français comme elle, ils sont passés directement par l’agent américain de Marc Behm. J’avais donc une dette envers elle. Pour la remercier, je lui ai envoyé le roman de Djian qu’elle ne connaissait pas ; elle l’a lu et l’a vendu à Boisset qui a réalisé l’adaptation cinématographique.
     
    Parlons de 37°2 le matin, c’est un succès magnifique alors que la crise du cinéma démarrait.
     
    Oui, mais personne ne s’en rend compte à se moment-là.
     
    Mais quand on analyse le box-office de cette époque, 37°2 fait partie des rares succès français du moment.
     
    Oui, c’est un succès. D’ailleurs, je me souviens d’être revenu d’une tournée triomphale des USA et d’avoir lu dans un journal que Betty blue (titre américain du film, ndlr) était un semi-échec aux USA, alors que je revenais des USA et que j’avais dû parcourir quarante villes, de Denver, en passant par Chicago ! J’ai essayé de retrouver l’article, mais je ne l’ai pas retrouvé. Je tiens à ce que les choses soient dites (il s’énerve à nouveau), car le temps efface la vérité et finalement ce sont les chroniqueurs qui font l’histoire, et on a fabriqué mon histoire. C’est pour cela que je veux la raconter et que j’ai entrepris d’écrire un livre de mémoires car il y a peu de cinéastes qui ont été autant aimés et surtout détestés, qui ont fait à la fois des succès internationaux et qui en même temps n’ont pas le droit de cité dans leur propre pays, vraiment.
     
    Vous aviez même un moment donné un projet avec Madonna...
     
    Mais oui, elle rêvait de faire un remake de 37°2. C’est aberrant de dire que 37°2 n’a pas marché aux USA. Ce film compte parmi les vingt plus grosses recettes de films étrangers aux USA ces trente dernières années. Depuis, certains ont fait encore mieux, comme Amélie Poulain...D’ailleurs Diva avait fait plus d’entrées que 37°2 aux USA. Diva, c’est énorme.
     
    Deux versions de 37° 2 le matin figurent sur le DVD qui va sortir en mai. La version cinéma, que je trouve sympathique, et surtout la version longue qui, et sur ce point je vous rejoint, est la bonne version du film. On peut trouver le procédé de la version longue opportuniste, mais ici il s’impose vraiment.
     
    Ce n’est pas opportuniste. Je ne suis pas un opportuniste. Je ne refourgue pas des processus et des procédés. Aujourd’hui on vous invente une version intégrale en ajoutant dix minutes de métrage,un peu de musique et on va vous dire que c’est la version intégrale ! Je déteste cette façon d’être. C’est valable partout, dans la boxe, l’immobilier, dans l’art... Il y a des millions de gens qui fonctionnent comme ça. C’est tout un système. On appelle cela la cuisine nouvelle car on a rajouté deux ou trois trucs, mais en réalité, le public est capable de faire la différence. Il voit que c’est de l’extrapolation, du rajout.La version longue de 37°2 est cohérente, cela se voit. On y a passé trois mois dessus. Ca avait coûté trois millions de francs à l’époque. C’était de l’argent qu’on aurait pu se foutre dans la poche. Mais on ne l’a pas pris. Vous savez combien j’ai gagné sur la version intégrale à l’époque ? deux cent mille francs, tout le reste est passé dans le montage. Qui fait ça ? J’avais fait un film qui était milliardaire mais personne n’avait vraiment envie que je fasse cette version intégrale. J’ai dû me battre pour la faire, négocier moi-même chez Canal Plus, chez René Bonnel qui m’a donné trois millions trois cent mille francs pour la faire.
     
    Et le succès de la version longue du Grand bleu, cela n’a pas facilité le projet ?
     
    Ça n’a rien à voir. Demandez aux gens de vous parler de la version longue du Grand bleu et de celle de 37°2. Ce dernier n’a jamais cessé d’être à l’affiche dans le monde entier depuis vingt ans. Il est actuellement disponible en DVD aux USA chez Columbia. Il a fait un million deux cent mille dollars en chiffre d’affaire pour sa première année d’exploitation .
     
    Impressionnant.
     
    Oui, mais ce qui est impressionnant, c’est que nous n’en avons amorti que cent mille dollars. C’est ça les studios américains.
     
    Après 37°2, il y a eu l’échec de Roselyne et les lions avec Isabelle Pasco et le semi-échec d’IP5.
     
    Oui, je préfère semi-échec ou semi-réussite,car le film a fait pratiquement un million d’entrées sur toute la France.
     
    Le budget était important et il était très ambitieux.
     
    Il bénéficiait d’un budget de trente-cinq millions de francs. C’était pas si gros...
     
    Le titre IP5 était quelque peu énigmatique. On dit qu’il pourrait s’agir en fait des initiales d’Isabelle Pasco... Est-ce lié ?
     
    Non,pas du tout.En fait, c’est très simple, les initiales d’Isabelle, c’était une rumeur colportée n’importe comment. Je ne fais pas de publicité sur ma propre paranoïa. Comme il y avait Yves Montand dans le film, je craignais les paparazzis. Je ne voulais pas qu’on nous emmerde. Pour passer inaperçus on avait décidé de donner un nom de code au film. C’était le titre original du scénario de Jaques Forgeas qui s’appelle L’île aux pachydermes. Par rapport au scénario original, j’ai rajouté les Graphes et une histoire de nains et de chargement de cocaïne. Quand il a fallu dessiner un graffiti, j’ai choisi IP5. Et ce titre pseudo a fini par devenir le vrai titre. Mais je ne pouvais pas l’expliquer car le propre des graffiteurs, et là je fais référence à la partie noble du groupe, car pour moi les autres ce sont des taggeurs, c’est de signer d’un pseudo, sinon les flics leur tombe dessus. (Il me chante la chanson du Taggeur haggard qu’il a écrite.)
    Je me suis retrouvé avec un titre inexplicable qui était pourtant emblématique du film. Et IP5, ça parlait de quoi ? Des jeunes de banlieues qui sont mal dans une société. Ce qui est intéressant, c’est qu’un an après, Jean-Marie Colombani (le directeur du Monde, ndlr) écrivait dans un ouvrage destiné à la classe politique que pour comprendre le malaise des banlieues, les politiques feraient mieux de regarder le film de Jean-Jacques Beineix IP5. C’était en 91 ou 92.Et puis il y a Montand qui meurt, et on ne va pas voir les films des gens qui meurent. Faut être con pour croire que c’est ce qui va se passer. C’est ce qu’à ce moment-là le directeur de la Gaumont a cru. Je savais que cela n’aiderait pas le film et cela ne l’a pas aidé.
     





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