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 CINEMA :Les blessures narcissiques d'une vie par procuration
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CINEMA :Les blessures narcissiques d'une vie par procuration

VIP-Blog de tellurikwaves
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  • Créé le : 10/09/2011 19:04
    Modifié : 09/08/2023 17:55

    Garçon (73 ans)
    Origine : 75 Paris
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    © DR -DIVA de J.Jacques Beineix (1981) p40

    29/08/2013 15:28

    © DR -DIVA de J.Jacques Beineix (1981) p40


     

    Vous avez complètement supervisé cette édition ?
     
    Bien sûr ! C’est la raison pour laquelle je rends hommage à Nicolas Seydoux, car il n’était pas derrière cette histoire-là. Il est bien au-dessus de ça. Il a malheureusement laissé des gens décider un moment donné, des gens qui ont été remerciés depuis. C’est que depuis on a fait le ménage chez Gaumont. Et maintenant, les choses ont l’air de partir sur un autre pied. Je suis allé trouver Nicolas, et on s’est entendus entre hommes, chose que je ne peux pas faire avec "le pharmacien". Je lui ai demandé de me laisser exploiter mes films moi-même, pour le bien commun. Je suis producteur de ces films ! On a donc fait ce travail d’édition à notre manière, et cela sera, cela doit être, aussi exemplaire que possible.
     
    Est-ce que vous proposerez d’autres versions que celles exploitées en salles ?
     
    Il y aura tous les films, sauf Diva, à moins que d’ici là la justice ne tranche et me donne raison. Et dans ce cas à ce moment là, il y aura Diva. Il y aura la version longue de Roselyne et les lions, de 37°2 le matin et La lune dans le caniveau sera dans la version la plus longue que nous ayons pu trouver, mais il n’y aura pas sa version intégrale pour la simple et bonne raison que tout est passé au pilon par les employés de la Gaumont à l’époque. Malheureusement je n’avais pas la possibilité de vérifier ces choses-là. Une heure trente de film monté à été détruit alors. On n’avait pratiquement un film de 3h45. Certains l’ont vu et pourront témoigner. Il y avait des choses magnifiques...
     
    Je suis dépité, c’est un film magnifique ! Dans les années 80, vous étiez le jeune premier du cinéma français. Il y avait une forte pression autour de vous à chacune de vos sorties. Vous apparteniez, à l’instar de Carax ou Besson, à une nouvelle vague de talents avec qui vous partagiez un goût pour le cinéma ultra-stylisé. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur ce style de cinéma ?
     
    Si vous regardez 37°2 par exemple, vous remarquerez qu’il n’est pas si stylisé que cela en définitive. Si cela avait été le cas, il n’aurait pas connu un tel succès public. La stylisation c’est une espèce de distanciation par rapport à la réalité, c’est un mécanisme plaqué sur du vivant alors que 37°2 est très humain, il y a beaucoup d’émotion. On a dit que c’était aussi le cinéma de l’émotion. La stylisation peut-être, mais avec beaucoup d’émotion.
     
    Oui, mais le film précédant 37°2, La lune dans le caniveau était le parangon du cinéma ultra-stylisé avec ses éclairages et ses décors quasi-oniriques et surréalistes que certains qualifierait d’artificiels. Ne vous êtes vous pas assagi sur le style avec 37°2 en réaction à l’acharnement critique que vous aviez subi au moment de la sortie de La lune ?
     
    Oui, mais il ne pouvait pas y avoir de succès public possible dans les circonstances dans lesquelles La lune est sorti. Il faut reprendre le contexte. Personne ne va aller voir un film dont on a dit autant de mal.
     
    Le film avait été projeté à Cannes...
     
    Il y avait été sifflé par les critiques. Les papiers étaient tous plus violents les uns que les autres. Et surtout les papiers n’attaquaient pas le film, mais son réalisateur. J’étais le cocu, le con du dîner. Et on ne va pas voir le film d’un con.
     
    C’est un peu le revers de la médaille. On vous avait tout donné avec Diva et on voulait tout vous reprendre avec La lune...
     
    Mais non, on ne m’avait rien donné pour Diva. Erreur !
     
    Les Américains avait relancé la carrière du film...
     
    Ah oui, les Américains m’ont donné, mais pas les Français. Le public français m’a donné, mais un an après. Il a fallu que le film soit ressorti du tombeau. Mais les critiques, eux, ils ne s’en sont jamais sortis de ce camouflet. C’était une baffe pour eux.
     
    Quand on voit la flamboyance et la grandiloquence de La lune, qui comprend quelques-uns des plus beaux plans de l’histoire du cinéma français, on se dit qu’un tel rejet tient de l’acharnement médiatique bête et méchant. Peut-être pouvait-on vous reprocher l’absence de récit ?
     
    Vous avez lu le livre de David Goodis dont je me suis inspiré ?
     
    Non, je ne l’ai pas lu.
     
    Eh bien lisez-le. C’est du Pulp fiction ! Du vrai cinéma d’atmosphère. C’est Kubrick qui donne la plus belle illustration de ce cinéma là. Il y a un certain cousinage avec le cinéma de Kubrick. Si vous regadez Eyes wide shut, il y a aussi ce côté surréaliste. Cette histoire qui n’en est pas une... Et pourtant on reste collés à l’écran. A l’époque les "kubrickiens" commençaient à faire la fine bouche. Or si vous le revoyez, comme moi je l’ai revu, vous verrez de quoi je parle. C’est un film qui me scotche à l’écran de la même manière. J’ai revu tous les Kubrick plusieurs fois, des dizaines de fois ! Je les connais par cœur. On apprend à travers son œuvre que le cinéma, ce n’est pas forcément raconter des histoires, mais c’est aussi passer par une information visuelle pour entrer dans un univers. Une fois happé par cet univers on vit une expérience, cela s’appelle l’art visuel. Nous sommes d’accord. La lune dans le caniveau appartient à l’art visuel, et tous mes films sont des films d’art visuel. L’histoire n’y est pas l’élément moteur. Mais encore une fois qu’est-ce qu’elle raconte l’histoire de The shining ? Eh bien, elle n’est pas si fantastique que cela. On est intéressé par autre chose. Même chose avec Full metal jacket. Il n’y a pas d’histoire. Ce sont juste des gens qu’on entraîne à devenir des soldats, on leur désapprend l’humanité pour leur apprendre des gestes de soldats commandos. Quand vous revoyez le film, vous vous apercevez que les autres films de l’époque sur le Vietnam ont tous vieillis, tous, à peu de choses près, et Full metal jacket, lui, brille encore.
     





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