Reste que le message réel du livre (qui n'est pas celui voulu par l'auteur) est terrible, car on sait très bien comment tout cela finira : comme tant d'autres, les Invisibles disparaîtront…
Voilà une œuvre littéraire (hé oui) servie par une véritable volonté, celle de l'enrichissement. Car Holdstock, que l'on sent d'un naturel généreux quasiment à toutes les pages, ne s'est pas contenté de faire le « livre du film », il a mis de la chair sur l'os et de la peau sur cette chair humaine, cette pulpe végétale enfoncée profondément dans le pourrissement qui la nourrit.Il a développé les personnages (au prix de quelques changements),modifié certaines scènes, certains postulats, tout en préservant la magie qui était omniprésente dans le film de Boorman. On regrettera néanmoins le coup d'accélérateur qu'il donne à la fin du récit, où il expédie en quelques pages à peine le voyage de Tomme jusqu'à Belore et les scènes dans le bordel — très fortes dans le film.
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On regrettera aussi la couverture (hideuse, surtout au niveau du personnage central), les erreurs de traduction qui ont survécu à cette réédition (chainsaw traduit « scie à chaîne » ou "scie à chaînettes"—Leatherface en rit encore). Reste que malgré ces petits désagréments, La Forêt d'émeraude est un grand moment de lecture-plaisir, là où l'on n'attendait qu'un simple produit.
CID VICIOUS