La critique d'Abus de Ciné
Un hold-up mental qui retourne le cerveau !
Le prodige d'Hollywood est de retour. Après deux films de studio ("The Dark Knight" et "Le Prestige")frôlant la perfection narrative, Nolan dévoile enfin sa création la plus personnelle, celle qu'il a écrite et imaginée seul pendant près de dix ans. Admettons-le tout de suite, même s'il ne dispose pas de portées symboliques aussi puissantes et tragiques que celles de ses deux précédents métrages, "Inception" demeure une œuvre de science-fiction majeure, soufflant au passage toutes les productions similaires de la dernière décennie.
Je prendrais soin de ne point vous en dévoiler plus que le pitch. L'intérêt est aussi de se faire initier aux règles du monde des songes par Cobb et ses acolytes. L'univers est complexe, certes, mais Nolan nous a prouvé, de "The Following" à "The Dark Knight", à quel point il savait jouer avec la narration. Il n'omet aucun détail. Il a pensé à chaque petite question qui peut trotter dans notre tête après une nuit de songes agitée. Chaque interrogation que l'on peut se poser trouve sa réponse avec une évidence limpide.
Ses conceptions du rêve, de l'inception et des techniques d'infiltration sont solides et sans failles. Et voilà un blockbuster qui ne nous prend pas pour des dindons et qui fait réfléchir! Les petits malins qui croiront avoir tout compris du premier coup feraient bien de s'y reprendre à deux fois car, malgré les nombreuses balises posées par Nolan, celui-ci prend le soin de disséminer subtilement de nombreux indices qui pourraient laisser libre court à une poignée de théories foncièrement différentes.