Une échappatoire pour l’Amérique post-Vietnam et crise pétrolière
En 1977, Rubell et Schrager ne sont pas des inconnus de la nightlife new-yorkaise : ils possèdent une chaîne de restaurants à succès de la Grosse Pomme, Steak Loft, et les deux premiers clubs disco du pays, l’un à Boston et l’autre, l’Enchanted Garden, dans le Queens. Ouvert en 1975, ce dernier fut le laboratoire du Studio 54.
Steve Rubell a compris que la vague disco venue d’Europe sera l’échappatoire idéale (avec quelques adjuvants bien sûr) pour une Amérique qui se remet tout juste de la fin du Vietnam, de la crise pétrolière et du scandale du Watergate. Rubell sait aussi que le disco et ses boucles synthétiques (dont celles que Giorgio Moroder réalise pour Donna Summer) seront l’arme parfaite pour atteindre son objectif : prendre Manhattan.
Davantage qu’un simple patron de boîte, Rubell est un type qui possède sa propre vision de ce qu’est la nuit. Quand Schrager s’occupe des comptes et des contrats, Rubell passe toutes ses soirées dans ses établissements. Il accueille les clients, danse, picole et se drogue avec eux. Il rêve d’une fête totale, sans règles, il veut qu’un jeune type du New Jersey puisse venir se déhancher à côté d’une star, d’un mannequin ou d’une huile de l’establishment.