Entretien avec Sebastian Lelio, (suite)
Q -Peut-on estimer que le film traite d’une jeunesse spécifiquement chilienne?
C L -"Ces jeunes font partie d’une génération qu’on appelle le “Nouveau Chili”. Ils sont les premiers à être nés en démocratie. Mon intention était de montrer leur manière de penser et de voir le monde. C’est une génération libérée du poids des générations formées par la dictature.
Elle est l’héritière de la génération rebelle qui voulait faire la révolution au Chili, et qui nous a donné “la nouvelle chanson chilienne” et le rock chilien des années 70, comme Victor Jara, qu’on entend dans Navidad. Mais pour ces jeunes gens nés après la fin des utopies, il est trop tard pour être séduit par des discours totalitaires, par une véritable révolution sociale, ou par des gourous vantant quelque autre solution. Ils sont beaucoup plus neutres et individualistes, ils ont compris que la seule révolution possible pour eux est une révolution intérieure.