La critique de "Agression animale"
Quand Jan de Bont, à qui nous devons les titres Speed et sa suite Speed 2, se lance dans la réalisation d’un film catastrophe, difficile d’imaginer se retrouver devant une production ennuyeuse.
Si comme pour la plupart des films du genre, la trame aussi mince qu’une feuille de papier n’est présente que pour justifier les séquences de destructions massives auxquels les spectateurs vont êtres confrontés, c’est pourtant avec un plaisir non feint que l’on se retrouve embarqué aux côtés des gentils timbrés qui officient ici.Un parti pris destiné à nous plonger au cœur de l’action, loin des personnages qui attendent généralement plus ou moins passivement l’inéluctable. Deux groupes de météorologues, chasseurs de tornades bravant tous les dangers, qui rivalisent afin de se rapprocher au plus près des tornades les plus monstrueuses.
Sillonnant les routes du Midwest des États-Unis à l’affut du moindre signe leur permettant de poursuivre leur quête du frisson extrême, justifiée en partie par la recherche scientifique. Une traque qui ne sera pas sans danger.Outre son scénario passe-partout, pourtant écrit par Michael Crichton (la saga Jurassic Park, Looker, etc.) et sa femme Anne-Marie Martin, et à l’instar d’une grande partie des films catastrophes, Twister ne brille pas par son originalité.
Brossés en quelques scènes et répliques, les personnages sont relativement caricaturaux, tout comme les relations qui les lient ou les opposent. Les prestations des acteurs ne sont pourtant pas en cause, et c’est avec plaisir que l’on retrouve dans Twister : Hellen Hunt. Echappée de la série télé Dingue de toi-mais dont on se souvient surtout pour son rôle dans l’excellent Pour le pire et pour le meilleur-elle partage ici l’affiche avec Bill Paxton, aperçu entre autres dans Mon ami Joe, True Lies, Aliens – Le retour, Predator 2, et bon nombre d’autres titres.
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Mais là où le film surprend, c’est par la qualité de ses effets spéciaux. Ces derniers sont vraiment spectaculaires et donnent lieu à des séquences de destruction impressionnantes, les tornades ravageant tout sur leur passage, ne laissant que peu de chance à quiconque croise leur route.Quand ils sont maitrisés (ILM est de la partie ici) et que le budget suit, les trucages numériques s’accordent parfaitement aux films catastrophes, permettant des choses difficilement envisageables jusque-là.
Durant la seconde moitié des années 90, aux côtés de Titanic et Independence Day,Twister et son succès considérable en salles allait d’ailleurs relancer l’intérêt de bon nombre de sociétés de production envers ce type de films. Suivront rapidement des titres comme Le Pic de Dante, Volcano, Deep Impact, Astéroïde etc. Et des tonnes de DTV et téléfilms aux qualités disparates…Des scènes d’action et de cataclysme spectaculaires, un rythme haletant servit par une bande-son plutôt rock couplée à une partition plus classique, Twister est un film culte dans la communauté météo française.
Ce n’est pas forcément mentionné dans votre review, mais le premier objectif du film était de rendre hommage aux chasseurs de tornades américains, encore assez méconnus dans les années 90 (de vrais chasseurs de tornades furent d’ailleurs recrutés en tant que conseillers et consultants pour le film).Pour le coup, les situations et surtout les termes utilisés (notamment les analyses météo) sont d’un réalisme imparable (aucun autre film mettant en scène des tornades n’aura eu autant de rigueur sur ce point).
L’ambiance de fond qui se dégage de ce film est également réussie, notamment la scène d’intro qui retranscris bien l’ambiance qui règne vraiment du coté des grandes plaines US. Bref,Twister fait rapidement oublier ses nombreux petits défauts au profit d’un spectacle des plus divertissant.