Ona Munson : 'Mother Gin Sling"
*
*
*
La critique du cinéphile Stakhanoviste -fin
L'esthétique force le trait volontairement jusqu'au cliché dans les touches asiatiques marquées et kitsch des décors (Boris Leven sera nominé aux Oscars) et costumes pour souligner la facticité de l'ensemble.On retient ainsi les extravagantes tenues et coiffures de Mother Ging-Sling (Ona Munson) et ses robes au croisement du kimono, de la robe occidentale et de la tenue traditionnelle chinoise, chacune de ses apparitions étant soulignée par un gong retentissant.Cet orient-là n'est que poudre aux yeux, à l'image d'un incroyable Victor Mature qui transpire littéralement le vice et incarne la figure la plus mystérieuse et manipulatrice du film.
C'est la seule figure sans passé, sans vraie nation malgré son accoutrement oriental et ainsi parfaitement représentatif de ce cadre perverti.Ces éléments s'amplifient lors d'un mémorable final où l'argument purement matériel (qui le rapprochait du film noir dépaysant) * laisse place à une révélation tragique sur les liens unissant les protagonistes. Le film se conclut alors sur ces même plans du casino enfumé, ce Shanghai monstrueux qui a englouti de nouvelles victimes et continue de respirer.
*Quelqu'un d'intelligent qui ne révèle pas la fin du film.Merci et bravo pour la pertinence de ce texte simple,sensible et concis.