Commentaire/Analyse/critique (suite 2)
Cette dernière association est la plus volatile : quiconque se souvient, entre autres, de la fine prestation de Moreau en bourgeoise commère dans Une vieille maîtresse de Catherine Breillat se doute bien que la comédienne est bien moins prisonnière de son image populaire qu’on pourrait le croire.
Ici, en l’occurrence, elle pourra surprendre : économe de mots et physiquement expressive comme on l’a rarement vue, son jeu complète idéalement la mise en scène de bon élève naturaliste de Martin Provost pour le portrait d’une figure plus tortueuse qu’il n’y paraît.
Drôle de femme que cette provinciale au passé obscur, menant moins sa vie que se laissant mener par elle, ne semblant encline que par intermittences à manifester sa personnalité. Effacée, voire éteinte dans son travail de ménage et ses rapports avec les autres ; à contrario épanouie et très éprise d’elle-même lorsqu’elle peint (et la caméra de capter en gros plan son visage ouvert chaudement éclairé à la bougie).