La réception publique et la critique
Michelangelo Antonioni se rend au Festival de Cannes, en 1960, où son film est présenté en avant-première. Au cours de la séance, le film est accueilli par des huées et des sifflets et fait l'objet de moqueries et bâillements d'ennui."Pour nombre de critiques et de spectateurs, le non-respect des conventions du film policier -Antonioni décrit le film comme un giallo in rovescia (polar à l'envers) - est proprement inadmissible."
"Qu'est-ce qui peut autant agacer le public privilégié et, sans doute, peu sophistiqué du festival ? Le rythme du film, sans doute, avec des images qui s'attardent dans la réflexion, sa durée, presque deux heures et demie, ou bien peut-être le fait qu'Antonioni présente un mystère qui ne se voit jamais résolu", écrit Stig Björkman.
Dès le lendemain, cependant, 37 écrivains et artistes, parmi lesquels Roberto Rossellini, adressent à Antonioni une lettre ouverte soutenant son film et désapprouvant les réactions du public.L'Avventura recevra en définitive, le Prix du jury pour sa "remarquable contribution à la recherche d'un nouveau langage cinématogra phique.
Assurant sa propre défense, Antonioni prononcera un discours d'explication lors de sa conférence de presse. Le texte du réalisateur italien"élucidera non seulement ses intentions, mais restera dans les annales comme un document d'une remarquable profondeur intellectuelle, soulignant le fossé entre les progrès de la science et la morale "rigide et stylisée" répandue dans la société moderne [...] »